Gestion et acheminement de l'eau à Dankasssari


Notre projet se déroulera dans la province de Dankassari au Niger, région située à l’Est de Niamey et proche de la frontière nigériane. Dans ce village de 2600 habitants, le ravitaillement en eau est assuré à partir du mini système d’approvisionnement AEP (adduction d’eau potable), complété par des puits situés à plusieurs kilomètres. Cependant ce système est défectueux et ne suffit pas à apporter de l’eau potable à toute la population.

Réhabilitation de la mini adduction d’eau potable :

L’initiative du projet émane du maire de la commune rurale de Dankassari, elle est soutenue par la Direction Régionale de l’Hydraulique. Notre projet va permettre aux habitants de Dankassari d’accéder plus facilement à l’eau potable en quantité et qualité suffisante, l’objectif principal étant l’amélioration des conditions de santé des populations. Cela ira de pair avec la diminution de la corvée d’eau des femmes.

Le système d’adduction est composé d’un forage et d’une pompe (énergie fournie par un groupe de panneaux solaires) qui alimente un château d’eau de 30m3.

Le système actuel d’adduction installé en 2002 n’a pas été entretenu. En effet, il n’assure que 25 m3/jour d’eau potable. De plus, 3 des 5 fontaines sont inopérantes, le réseau souterrain étant probablement obstrué ou endommagé. Ces capacités sont bien loin de l’objectif préconisé au Niger, à savoir un point d’eau pour 250 habitants. La consommation spécifique du village étant de 20 à 25 litres/jour par habitant, il faut environ 60 m3/jour pour couvrir les besoins en tenant compte des consommations des branchements communautaires (bornes-fontaines). Nous souhaitons donc remédier à ce problème en réhabilitant cette adduction d’eau.

Les différentes étapes de la construction sont :

• L’installation d’une pompe immergée pouvant assurer un débit de 8 a 10 m3/h.

• Le changement de 7 modules solaires sur les 70 déjà présents ainsi que le raccordement de la pompe au réseau électrique Nigelec afin de faire fonctionner la pompe de jour comme de nuit.

• L’entretien du réservoir, le remplacement de la vanne de vidange, la réparation du niveau, le remplacement des équipements internes défectueux.

• Le démontage des têtes de fontaine et les fouilles nécessaires pour nettoyer les tronçons bouchés. Le remplacement des vannes défectueuses au niveau des bornes-fontaines.

• L’approvisionnement en pièces de rechange (vannes, manomètre, panneau solaire).

• L’entretien et la maintenance de l’AEP (prévoir de la graisse et de la filasse - pour graisser les tiges de vannes et refaire les filetages - et un minimum d’outils tels que des fileteuses, des clés à griffe,…)

Gestion de l’adduction d’eau potable :

L’un de nos principaux objectifs sera d’assurer la pérennité de l’AEP, notamment par la mise en place d’un comité de gestion. Nous soutenons les efforts du peuple nigérien et des habitants de Dankassari, qui seront impliqués dans les travaux et la gestion des installations qui seront mise en place.

En ce qui concerne le fonctionnement de l’adduction d’eau, deux personnes seront formées pour effectuer un entretien régulier des équipements mobiles (ex : graissage des tiges de vannes, réparation de fuites, nettoyage de filtres, nettoyage des panneaux solaires, etc.) par le service hydraulique de Dosso. Un mécanisme permettant de les rémunérer pour leurs travaux d'entretien sera mis en place. Un gérant sera formé à la gestion des points d'eau. Pour la facture d’électricité, des gardiens seront sollicités aux bornes-fontaines. Un villageois devra payer 6 francs CFA (moins de 0.01€) pour un seau de 18L ce qui reste dans les moyens de la population. Une partie de l’argent ira au gardien, mais la majeure partie sera reversée à un comité chargé de payer les factures d’électricité. Ainsi, après notre départ, l’adduction d’eau sera entièrement gérée par les habitants de Dankassari.

Sensibilisation des enfants sur le thème de l’eau et du paludisme :

Ce projet répond à une urgence internationale : le Niger se situe au dernier rang des pays classés selon l’indice de développement humain, soit sur 182 pays (chiffres 2009). Pays à forte zone désertique, l’accès à l’eau est un problème majeur pour les populations. Selon l’ONU, le pays ne pourrait pas subvenir aux besoins de sa population sans aides internationales. Il est donc essentiel que des associations comme la nôtre prennent en charge de tels problèmes en venant directement en aide à la population.

L’éducation des enfants est la base du développement du pays. C’est pourquoi il nous semble primordial de les sensibiliser à l’utilisation de l’eau potable. En effet, pendant la saison des pluies, les villageois ont tendance à chercher l’eau directement dans les mares plutôt qu’à une borne-fontaine. Mais cette eau peut entraîner de nombreuses maladies hydriques et diarrhéiques. Il serait donc judicieux de montrer aux enfants qu’il existe des parasites dans l’eau des mares, en leur faisant, par exemple, observer des échantillons de cette eau avec des microscopes ou des boites de pétri. Une telle campagne de sensibilisation pourrait permettre à terme de réduire le nombre de maladies liées à l’eau.

Par ailleurs, la majeure partie du budget du dispensaire de Dankassari est utilisée pendant les fortes périodes de paludisme. Les habitants ne mesurent pas forcément l’importance de cette maladie et tardent à se soigner, aggravant ainsi leur état de santé. Notre sensibilisation aura donc pour but de montrer les dangers du paludisme et l’importance des moustiquaires pendant la nuit. Nous pourrions également fournir des moustiquaires à la population Nos actions seront effectuées auprès des enfants des écoles de Dankassari et des villages voisins avec l’aide du RAEDD et d’enseignants. Les enfants pourront être porteurs du message auprès de leur entourage, notamment auprès de leurs parents et ainsi étendre notre action à un plus large public.

Études préalables à la réhabilitation d’installations hydrauliques :

Les puits qui se trouvent dans l’agglomération de Dankassari (30 villages environ) sont insuffisants. Plusieurs puits et forages ont été mis en place, mais seulement 2/3 de ces derniers sont en état de marche et la potabilité de l’eau de certains puits, qui ne sont pas équipés de pompe, est douteuse. C’est pourquoi nous avons l’intention d’effectuer une étude d’urbanisation dans le village et les alentours en collaboration avec les villageois et le service hydraulique de Dosso, village situé à une centaine de kilomètres de Dankassari. Nous souhaitons mettre en évidence les problèmes solvables rapidement, déterminer le budget et le savoir-faire nécessaire pour la réparation, l’entretien de ces puits et transmettre des informations aux autorités pour des travaux de plus grande ampleur.